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LE CORPS PARLANT

Xe Congrès de l’ AMP,

Rio de Janeiro 2016

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l’orientation vers le sinthome met l’accent sur : ça jouit là où ça ne parle pas, ça

jouit là où ça ne fait pas sens. »

L’analyste est un sinthome : bien plutôt jouera-t-il à l’événement de corps,

au semblant de traumatisme

Leçon du 17 décembre 2008

« Comme Lacan avait pu inviter

l’analyste à occuper la place de l’objet

petit

a, dans son

Séminaire

du Sinthome

il formule :

L’analyste est un sinthome

. Il est supporté par le non-sens, alors on

lui fait grâce de ses motivations, il ne s’expliquera pas. Bien plutôt jouera-t-il à

l’événement de corps, au semblant de traumatisme. Et il lui faudra beaucoup

sacrifier pour mériter d’être, ou d’être pris pour, un bout de réel. »

Leçon du 14 janvier 2009

« Si le réel c’est la jouissance,

l’inconscient est une défense contre la jouissance. »

La jouissance-satisfaction c’est qu’il y a un fonctionnement qui inclut

l’excès, qui le routinise, c’est le sinthome

Leçon du 14 janvier 2009

« Il y a un statut de la jouissance qui

est celui de l’excès, la jouissance-excès C’est à ce niveau-là qu’on apprend

classiquement à distinguer le plaisir et la jouissance. Le plaisir traduit un état

d’homéostase, et cet état d’homéostase est rompu par un élément qui outrepasse

les limites du bien-être et qui fait la confluence de la jouissance et de la

souffrance, du sublime et de l’horrible. C’est ce que Lacan a déjà mis en valeur

dans son Séminaire XI et que dans son Séminaire XVI il dégage sous le nom de

plus-de-jouir.

Mais il y a un deuxième statut de la jouissance, qui commence avec le

Séminaire XX et qui est présent dans tout ce qui est le dernier et le tout dernier

enseignement de Lacan, c’est la jouissance-satisfaction, ce que n’est nullement la

première. La jouissance-satisfaction, c’est le rétablissement, si je puis dire, d’une

homéostase supérieure ; c’est qu’il y a un fonctionnement qui inclut l’excès, qui

le routinise, et c’est ça que Lacan appelle le sinthome. A cet égard, c’est ce qui du

concept du sinthome invalide, sinon l’objet

petit

a, du moins l’orientation qui a

donné naissance à l’objet petit a. »

Le lieu de l’Autre, il faut le prendre dans le corps, et non dans le langage

Leçon du 14 janvier 2009

« L’Autre qui n’existe pas, en la matière,

si je puis dire, c’est l’Autre de la vérité, c’est l’Autre du sens. C’est là que pointe

que, le lieu de l’Autre, il faut le prendre dans le corps, et non dans le langage. »

La jouissance est ce qui satisfait un corps

Leçon du 18 mars 2009

« Une conséquence est en particulier que

la parole, qu’autorise et qu’incite le discours analytique, relève de ce que Lacan

a appelé la vérité menteuse,

la vérité

, je précise – c’est de mon cru, je l’essaye

menteuse sur la jouissance

. On ne peut pas dire vrai sur la jouissance. Si on

ne peut pas dire

toute la vérité

, c’est parce qu’il y a une zone, un domaine, un

registre – de quoi ? – de l’existence, où la vérité n’a pas cours, et ce registre

serait celui de la jouissance, de ce qui satisfait. Et, si on suit Lacan là-dessus, la

jouissance est ce qui satisfait un corps. »

Ce que l’on fait parler, dans la psychanalyse, ce n’est pas un sujet, ce n’est

pas le pur sujet de la parole, c’est un corps – le corps parlant

Leçon du 18 mars 2009

« Si on le suit aussi,

ce que l’on fait parler

,

dans la psychanalyse, ce n’est pas un sujet, ce n’est pas le pur sujet de la parole,

c’est un corps, celui qu’il appelle déjà dans son Séminaire XX – et la suite en

développera les conséquences dans son enseignement –

le corps parlant

. Non pas

le sujet de la parole, mais le corps parlant. Il le qualifie de mystère. Parce que,

là, on a peine à construire un mathème – qui est l’antonyme de

mystère

–, on a

peine à logifier le corps parlant. L’enjeu concerne le statut même de ce patient

qui s’adresse à vous ou que vous êtes : ce n’est pas la même chose de l’écouter

comme sujet de la parole ou comme corps parlant. »

Le parlêtre, si c’est un sujet qui parle et qui est parlé, c’est par rapport à un

corps

Leçon du 18 mars 2009

« On ne conceptualise plus le patient

comme un sujet. On le conceptualise comme un

parlêtre

. Parlêtre, ça veut dire :

il y a un être du fait qu’il parle – les autres sont peut-être des êtres mais ils n’en

savent rien puisqu’ils ne parlent pas – et cet être tient à ce qu’il y a un corps.

Le sujet de la parole est pensé par rapport au signifiant. Le parlêtre, si c’est un

sujet qui parle et qui est parlé, c’est par rapport à un corps, à quoi Lacan s’est

d’ailleurs abstenu de donner une lettre. Il ne s’est pas mis à en faire un mathème

– il a laissé tomber ses mathèmes pour les nœuds qui en sont peut-être aussi

mais d’une toute autre configuration. »

Le sinthome : un re-engineering qui permet de passer de l’inconfort à la

satisfaction du parlêtre

Leçon du 18 mars 2009

« Le sinthome, ça fonctionne, ça n’est

pas susceptible de traversée ou de levée, c’est susceptible – il n’y a pas de terme

dans Lacan alors je dirai pour emprunter un mot à l’anglais comme j’ai hérité

d’insight

– d’un

re-engineering

, d’une reconfiguration.

Jacques-Alain Miller