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LE CORPS PARLANT

Xe Congrès de l’ AMP,

Rio de Janeiro 2016

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La petite girafe Nº25, Institut du Champ freudien, 2007

Entre le symbolique et le corps, le réel de la jouissance

Leçon du 17 janvier 2007

« Un rapport est par là à établir entre

l’Un-corps et l’inconscient. Ce rapport (…) était habité d’une secrète harmonie.

La signifiantisation du corps supposait précisément que le corps soit docile

au signifiant, qu’il se laisse faire, se laisse élever. C’est le mécanisme d’une

transsubstantiation. Il en va de même du mouvement inverse d’incorporation du

signifiant, qui lui répond. (…) cette harmonie que le tout dernier enseignement

de Lacan met en question. Entre le symbolique et le corps, Lacan inscrit la

pulsion comme en position de médiation, et, conformément à l’indication de

Freud, comme un mythe. C’est pourquoi il peut à la fois placer à cet endroit la

jouissance, et dire

c’est le réel

au niveau de son Séminaire

D’un Autre à l’autre.

»

p. 11

L’harmonie dénouée

Leçon du 17 janvier 2007

« La pulsion est censée représenter

par excellence le résultat de l’action du signifiant sur le corps, cette action du

signifiant qui est reconsidérée dans tout le dernier enseignement de Lacan,

d’abord parce que l’aspect que Lacan met en valeur alors du signifiant, c’est son

aspect parasitaire et non pas son aspect actif. De là, problème. L’harmonie est

dénouée, se repose la question du rapport entre l’Un-corps et l’inconscient qui

ne dit qu’une seule et même chose, cette question qu’à la fois répercutent et

enserrent les schémas borroméens. »

p. 12

« Choses de finesse en psychanalyse » (2008-2009). Inédit,

l’orientation lacanienne

Dans la séance analytique, tout tient à un événement qui doit être incarné,

à un événement de corps

Leçon du 17 décembre 2008

« Du point de vue du singulier, la

séance analytique tend en effet à se réduire à l’instant. Ah, ce n’est pas conforme

au principe que

time is money

, ça peut être taxé d’imposture par ceux qui

refusent ce qu’il en est de la vérité. La vérité c’est que, pour le parlêtre, l’effet

de rencontre est instantané. Tout tient à l’événement, à un événement qui doit

être incarné, qui est un événement de corps – définition que Lacan donne du

sinthome. Le reste, disons-le, c’est un habillage – un habillage qu’il faut dans la

plupart des cas.

Mais le noyau, le Kern au sens de Freud, le Kern de l’être, c’est cet instant, c’est

l’instant de l’incarnation. »

A côté de l’inconscient, où ça parle, il y a le singulier du sinthome, où ça ne

parle à personne

Leçon du 17 décembre 2008

« Mais son tout dernier

enseignement distingue, comme deux ordres inhomogènes, l’inconscient et le

sinthome.

L’orientation vers le singulier ne veut pas dire qu’on ne déchiffre pas

l’inconscient. Elle veut dire que cette exploration rencontre nécessairement

une butée, que le déchiffrement s’arrête sur le hors-sens de la jouissance, et

que, à côté de l’inconscient, où ça parle – et où ça parle à chacun, parce que

l’inconscient c’est toujours du sens commun –, à côté de l’inconscient, il y a le

singulier du sinthome, où ça ne parle à personne. »

L’événement de corps n’est pas réductible au savoir inconscient

Leçon du 17 décembre 2008

« C’est pourquoi Lacan le qualifie

d’événement de corps. Ce n’est pas un événement de pensée, ce n’est pas un

événement de langage, c’est un événement de corps : encore faut-il savoir de

quel corps. Ce n’est pas un événement du corps spéculaire, ce n’est pas un

événement qui a lieu là où se déploie la forme leurrante du corps qui vous aspire

dans le stade du miroir. C’est un événement du corps substantiel, celui qui a

consistance de jouissance. Là, nous sommes à un niveau qui n’est pas celui de

l’inconscient pour autant que la découverte de Freud telle que la formule Lacan

c’est que l’inconscient est entièrement réductible à un savoir. La réduction de

l’inconscient à un savoir c’est- à-dire à une articulation de signifiants – qu’on est

amené à supposer à partir de l’interprétation, du caractère interprétable de ce qui

fait symptôme –, cette qualité d’être un savoir est exclusive de l’événement. »

Le point de vue du sinthome consiste à penser l’inconscient à partir de la

jouissance et non un élément de jouissance à partir de l’inconscient

Leçon du 17 décembre 2008

« Alors, sans doute ce que Lacan a

pu formuler à propos du sinthome peut-il par endroits rappeler ce qu’il a dit de

l’objet

petit

a. Mais ce qu’il appelait l’objet

petit

a c’était toujours un élément

de jouissance pensé à partir de l’inconscient, pensé à partir du savoir, alors

que le point de vue du sinthome consiste à penser l’inconscient à partir de la

jouissance. »

Ca jouit là où ça ne parle pas, ça jouit là où ça ne fait pas sens

Leçon du 17 décembre 2008

« Eh bien, ça a des conséquences sur

la pratique, en particulier sur la pratique de l’interprétation : l’interprétation,

ça n’est pas seulement le déchiffrement d’un savoir, c’est faire voir, c’est éclairer

la nature de défense

de l’inconscient. Sans doute, là où ça parle ça jouit, mais

Jacques-Alain Miller