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LE CORPS PARLANT

Xe Congrès de l’ AMP,

Rio de Janeiro 2016

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Il n’y a pas rapport sexuel et il y a rapport corporel

Leçon du 1er juin 2005

[inédit] « Le rapport que Lacan a perdu

au niveau sexuel, dont il a constaté, cru constater l’inexistence au niveau sexuel,

c’est-à-dire le rapport dont il a formulé l’inexistence au niveau sexuel, il le

retrouve au niveau corporel et d’une certaine façon Joyce sert d’exemple à :

il y a

un rapport corporel

. »

L’adoration du corps propre

Leçon du 1er juin 2005

[inédit] « Lacan étudie, attrape par

différents angles le rapport que le parlêtre a à son corps. (…) Il y a d’abord

ce que Lacan appelle « l’adoration », l’adoration du corps propre, une sorte

d’amour primaire, non pas de l’Autre mais de soi, un culte, dont il dit même à

un moment que c’est le seul rapport que le parlêtre a à son corps. Et remarquons

que c’est à ce niveau-là qu’il définit ce qu’il appelle la mentalité. Il la définit au

niveau de l’amour propre, de l’amour du corps propre. »

La mentalité est attachée au corps propre et la pensée au corps de l’Autre

Leçon du 1er juin 2005

[inédit] « Alors c’est important de le

remarquer parce qu’il y a une différence à exploiter qui est seulement évoquée,

esquissée, dans le Séminaire du

Sinthome

, une différence entre la mentalité et

la pensée. La mentalité est attachée au corps propre, comme on la distingue en

effet, tandis que la pensée, page 64, il souligne qu’elle comporte une référence,

une gravitation à l’acte sexuel, c’est-à-dire, si je peux développer, elle introduit

l’adoration de l’autre corps. Et donc Lacan isole comme primaire le rapport

corporel, le rapport du parlêtre à son corps propre, avec l’imaginaire étant

impliqué et le distingue du rapport au corps autre, où là il y a pensée, il y a sens

et il y a référence sexuelle. »

Moïsation du corps propre chez Joyce

Leçon du 1er juin 2005

[inédit] « Il y a le rapport corporel joycien

qui est là, au fond d’emblée, qui est d’emblée distinct puisque ce qui est au

centre là, ça n’est pas l’adoration du corps, c’est justement qu’il y a comme une

infraction à cette adoration chez Joyce, mais ce qui subsiste à la place, c’est l’idée

de soi comme corps. Et il me semble qu’il faudrait là opposer l’adoration du

corps propre et la moïsation du corps propre, si je puis dire. Le premier rapport

d’adoration reste un rapport d’avoir alors que l’autre est un rapport d’être. »

« Le tout dernier Lacan » (2006-2007), L’orientation lacanienne III,

9, leçons du 6 et 13 décembre, 17 janvier), Quarto N°91, Revue de

psychanalyse – ECF – ACF, Belgique, 2007

L’écriture borroméenne

Leçon du 6 décembre 2006

« Qu’est-ce que ça implique ici

? C’est ce qu’opérerait précisément l’écriture borroméenne, cette écriture

difficilement saisissable par la pensée comme par les mouvements de notre corps

nécessaires pour écrire. Nous avons ici une idée qui repose sur la disjonction

du symbolique et de l’imaginaire. Le rond, la droite, doivent quelque chose à

l’imaginaire, à la perception, tandis que la forme borroméenne, elle, ne se trouve

pas dans les affinités imaginaires du corps. »

p. 58

Disjonction du symbolique et de l’imaginaire

Leçon du 6 décembre 2006

« (…) dans la mesure où le corps est

à placer dans l’imaginaire, (…), la notion des neurones porteurs de l’énergétique

est forclose, de la même façon que tout ce qui concerne la jouissance, qui

suppose un corps.

Ce moment est important parce qu’il montre que Lacan raisonne ici sur la

disjonction du symbolique et de l’imaginaire. (…) cette disjonction (…) ouvre

nécessairement la question de ce qui connecte le symbolique et l’imaginaire, et

c’est là qu’il introduit le réel. »

p. 58

L’étrangeté et l’étranger

Leçon du 13 décembre 2006

« Nous avons un rapport d’étrangeté

avec notre corps. Un corps dont d’ailleurs on dit qu’on l’a et non pas qu’on l’est.

Déjà, en parlant d’avoir, on met une distance. Un avoir qu’on transporte avec

soi, et que Lacan qualifie très précisément de

meuble

. On peut le mobiliser, on le

transporte, on l’a, mais, par rapport au sujet - j’ajoute, qui est du symbolique - le

fameux sujet barré, ce qui est de l’ordre de l’imaginaire, c’est-à-dire du corps, est

foncièrement étranger. Simplement, cela nous est voilé. »

p. 62

Le corps de Joyce

Leçon du 13 décembre 2006

« C’est là que vient le passage que

Lacan a péché dans le

Portrait de l’artiste

, le moment fugitif où Joyce éprouve

l’étrangeté de son corps comme laissé tomber, de même qu’

une pelure

. Lacan

s’est dirigé vers ce passage qui est comme une illustration de cette possibilité

qui est toujours présente pour ce que nous appelons l’homme, à savoir que la

forme de son corps lui devienne étrangère et que, même, sa substance lui paraît

pouvoir s’éloigner, sinon se dissoudre. »

p. 62

Jacques-Alain Miller